Mon premier atelier d’écriture.
Déambulation en ville, à la découverte de l’insolite.

Mais qu’est-ce que l’insolite ?

Sortie du métro, nez en l’air, à la recherche de quelque chose, de quelqu’un, de je-ne-sais-quoi qui retiendrait mon attention. Reporter en herbe avec mon carnet et mon stylo, à l’affût d’un son, d’une odeur, d’une image.

En traversant le marché place Charles de Gaulle, question d’une jeune femme à son compagnon : « Y a même des truites ? »

Prolongeant le Capitole, délaissant les mariages colorés, élégants, pastels ou à petits prix, me voilà déjà rendue rue Gambetta et ses enseignes fort instructives : aucun remord à goûter la cuisine authentique de Clémence et ses petits plats puisqu’ils pourront être éliminés au Movida qui se trouve à côté. Ou l’inverse : après l’effort, le réconfort !

S40-01L’atelier de réparation de vélo, Pierre qui roule affiche :
« Ouverture approximative et variable du mardi au samedi ».

 

Le cabinet du docteur Jad est transféré au N°9.

 

Une petite barbe et des cheveux longs, un Jésus brun me double : à chaque main un tube avec lesquels il fait rouler une sorte de bâton de majorette. Jonglant avec, il le jette en l’air et tente de le rattraper avec plus ou moins de bonheur. Un nouveau jeu sans doute, issu du Diabolo.

 

 Mon regard s’arrête devant un petit restaurant qui a décoré un coin de sa terrasse avec un vieux Peugeot, un 101 blanc écaillé gris et rouille, lui-même agrémenté d’un vieux panier à salade rempli d’œufs en plastique bleu, blanc et rose, surmonté d’un dôme de poussins en peluche. Sur son porte-bagages, un panier en osier contenant des petites citrouilles, potimarrons et autres courges. Accroché au guidon, un vieux casque faisant office de jardinière, avec de vraies plantes.

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Élégante monture posant sur fond bucolique fait de faux feuillages enlaçant une échelle en bois.

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Mais il est l’heure de faire demi-tour dans cette rue Gambetta pleine de surprises et en travaux. Deux panneaux expliquent l’état des lieux. L’un indique une réalité : « Aménagement de la rue » et l’autre une promesse : « Entre Capitole et Garonne, où il fera bon vivre ». Tous deux trônent au milieu des poubelles.

 

C’est à l’Espace Écureuil que se termine ce baguenaudage, entre Capitole et ses jardins. Enfin, me semblait-il. Car dans ce lieu d'exposition, une série de photos de cheminée. Prises dans une ancienne résidence maintenant à l’abandon, faite de maisons toutes semblables, un « État des lieux » de Stéphane Thidet retient mon attention. Mes pensées vagabondent alors d’une image à la suivante. D’un foyer à l’autre. Dans ces espaces identiques. Devant un même point central, la cheminée. Théâtre d’histoires différentes ou communes, de rencontres et de déchirures, de rires, de pleurs, de réconfort… Me renvoyant à des fragments de vie.

 

Nos fragments de vie